Bastien MICHAU, Médecin Généraliste

Son parcours

Ayant grandi à Livry-Gargan (93), Bastien Michau a suivi ses études de médecine à l’Université Paris-7 ainsi que son externat. Pour ses divers stages d’internat (Gériatrie post-urgences, Pédiatrie et Médecine Interne), il a choisi la proximité avec l’hôpital de Meaux (77) et les Urgences de Lariboisière Paris X. C’est dans ce service que lors de son premier jour, juste 2 heures après sa prise de garde, il aperçoit un homme, dans un état alcoolisé, courir puis sauter sur le dos d’une infirmière…avant que celle-ci ne le plaque au sol et lui fasse une clé de bras ! Belle entrée en matière qui annonçait bien toute la richesse de cette formation : son stage en gériatrie sans chef de service l’a contraint, à peine sorti de ses cours théoriques, à « prendre des décisions et des responsabilités » qui n’étaient normalement pas de son ressort. Puis, alors qu’il avait toujours souhaité devenir médecin généraliste, sa forte empathie envers ses patients l’a fait hésiter à rester en médecine interne et soins palliatifs ; devoir annoncer à 26 ans à une patiente de 13 ans de plus que lui que son avenir était plus que restreint l’a marqué.

Son SASPAS (Stage Autonome en Soins Primaires Ambulatoire Supervisé) de niveau 1 s’est finalement déroulé chez un généraliste de Brunoy (91), ce qui lui a permis de découvrir « les merveilleuses facettes de ce métier ! ». Il ajoute « La suite (son niveau 2) s’est déroulé auprès de deux praticiens à Joinville-le-Pont (94) ; la majorité de la patientèle concernait des sportifs de haut niveau (INSEP, Athlétisme, Rats de l’Opéra) : ça m’a permis de parfaire ma connaissance des forces et faiblesses du corps humain… ».

Pendant la préparation de sa thèse, Bastien Michau a rejoint l’équipe enseignante de la faculté de Créteil (94) où il est devenu tuteur durant trois ans et demi tout en effectuant en parallèle de fréquents remplacements à Paris XIX dans un cabinet sans prise de rendez-vous. Les longues files d’attente et une patientèle à plus de 50% non francophone se sont avérées très épuisantes malgré la bonne ambiance de l’équipe.

L’arrivée à Saint-Aunès

Bastien Michau commence « L’idée de venir s’installer dans la région a été assez naturelle, car mes parents y avaient déjà emménagé pour leur retraite afin de se rapprocher de mon frère qui travaillait à Montpellier. « 

Toutefois, la décision de quitter la région parisienne fut familiale et murement réfléchie. En effet, son épouse enseignante s’occupe pour l’instant de leurs deux enfants mais à la suite de son congé parental, « une mutation risque de s’avérer difficile à obtenir ».

La décision de l’installation à Saint-Aunès fut prise « après diverses conversations téléphoniques et une première rencontre physique avec le docteur Simon juste avant le premier confinement de mars 2020 ». Ensemble, ils ont exercé en parallèle durant quatre mois. Cette période de transition a permis au Dr Michau de découvrir la patientèle et soulager

Dr Simon par un tri des appels téléphoniques et des prescriptions en téléconsultation. L’accompagnement a été plus que parfait car « j’ai retrouvé dans ce médecin installé depuis plus de trente ans dans le village de nombreux points qui me correspondaient ! » (voir notre article sur le Dr Simon).

Le remplacement à 100% a eu lieu tel que planifié : le 1er janvier 2021. Entre l’accès informatique aux dossiers (saisis par le Dr Arnaud qui travaillait avec le Dr Simon avant de rejoindre le centre médical) et la présence à proximité du Dr Simon, les conditions de démarrage sont rassurantes.

L’évolution du métier

Depuis son arrivée à Saint-Aunès, Dr Michau apprécie le niveau socio-économique de sa nouvelle patientèle avec l’absence d’impayé et le réseau intense de soins en cabinets de kinésithérapie, d’infirmiers, d’orthophonie, etc. Le retour des spécialistes suite aux visites des patients adressés est très rapide.

Depuis le début de son exercice, Dr Michau a déjà constaté à quel point la pratique de la médecine a changé en très peu de temps : l’informatisation, la téléconsultation, la prise de rdv sur doctolib, et le travail en réseau. Les relations patients-médecin évoluent et passent d’un stade paternaliste rassurant à une alliance thérapeutique collaborative mais il nous confie « Un médecin doit rester proche de ses patients qu’il voit en moyenne cinq fois par an ».

Rejoindre le centre médical de Saint-Aunès

Bastien Michau n’habite pas à proximité immédiate du village, il va donc essayer de trouver un équilibre entre la médecine humaine de village et l’urgentisme. Le fait d’être seul est problématique car la pression ne peut pas être partagée…ni relâchée le temps de quelques jours de vacances puisque trouver un remplaçant est quasi impossible. Par conséquent, Bastien Michau a envisagé, lors d’une réunion avec ses quatre confrères, de s’installer avec eux dans le futur cabinet des médecins qui comprendra six salles et devrait être opérationnel début 2023. « Cela permettra d’unir toutes les forces afin d’augmenter la plage de présence et répondre à la demande qui grandit au fur et à mesure que le village s’accroit. En plus, la proximité interprofessionnelle favorisera les réunions de coordination et le partage d’expériences ».

La zone de chantier du futur centre médical et logements et le bâtiment prévu pour 2023 (source)

Entretien réalisé par Alain Guigard le 3 Juin 2021 pour Forum Saint-Aunès.

Remerciements : Bastien Michau pour cet entretien et Alain Guigard et Julie Deter pour les photos.

Edition : Alain Guigard, Benoit Gorce et Julie Deter